Saint-Michel-en-Grève
Saint-Michel-en-Grève, où la mer s'en va très loin
Quatre kilomètres de sable en arc de cercle, une route qui les longe à hauteur d'eau, et un rocher de quatre-vingts mètres planté à une extrémité.
La Lieue de Grève ne ressemble à rien d'autre sur cette côte. Là où le granit rose découpe partout ailleurs des criques et des chaos, ici la mer se retire sur une plaine de sable qu'on traverse à pied sans jamais se mouiller les chevilles. À grande marée, l'eau s'éloigne de plus de deux kilomètres.
Cela a longtemps servi de route. Les charrettes coupaient par la grève à marée basse plutôt que de contourner par l'intérieur, et quelques-unes ne sont jamais arrivées de l'autre côté. La montée de l'eau y est rapide et silencieuse : c'est la seule mise en garde que nous répétons vraiment à nos hôtes.
Le Grand Rocher
À l'extrémité ouest, le Grand Rocher domine la baie de quatre-vingts mètres. Le sentier qui y grimpe part du parking et se fait en vingt minutes, raides. En haut, on voit toute la Lieue de Grève d'un seul regard, la pointe de Séhar et, au-delà, l'entrée de la baie de Locquirec.
C'est un endroit à faire en fin de journée, quand le soleil passe derrière Locquirec et allume le sable mouillé. Nous y envoyons les hôtes qui veulent une marche courte avec une récompense disproportionnée.
Le bourg, minuscule
Saint-Michel-en-Grève compte quelques centaines d'habitants. Une église posée en surplomb direct de la plage — son cimetière regarde la mer, ce qui est rare —, deux ou trois commerces, une chapelle. Tout se fait à Plestin ou à Lannion, à dix et quinze minutes.
La grève voisine, plus habitée, commence juste après la pointe : Plestin-les-Grèves.
Char à voile et cerf-volant
Le sable dur et plat, le vent régulier de nord-ouest : la Lieue de Grève est l'un des meilleurs terrains de char à voile de Bretagne. Les sessions se réservent selon la marée, jamais selon l'heure. Nous les calons pour nos hôtes en même temps que le reste de la journée.